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Tu crois que c'est vrai l'histoire avec...
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gros bisous du mardi bien froid mais le soleil...
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danymanou a 84 points de bonté.

danymanou
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C'est beau une ville...

C’était un bel après-midi d’été 1990, je flânais dans l’East Village avec ma nouvelle amie, Bridget, une Irlandaise rencontrée un an auparavant à mon arrivée à New York. Elle avait emménagé aussitôt dans mon studio à St Mark’s Place. Les deux fenêtres de l’appartement, situé au dernier étage du bâtiment de briques rouges, donnaient sur les Twin Towers du World Trade Center, un spectacle magnifique de jour comme de nuit.
J’avais trente ans, j’étais second de cuisine chez Régine, Bridget était strip-teaseuse dans un club très populaire appelé Billie’s où elle gagnait jusqu’à trois cent dollars par jour. Tout allait bien dans ma vie. Nous gagnions donc tout deux beaucoup d’argent, nous sortions quatre ou cinq fois par semaine dans les boîtes undergrounds du Village, alternant les concerts des Ramones ou de Blondie à CBGB, une exposition d’Andy Warhol au Metropolitan Museum of Art ou les soirées punks déjantées dans les squats d’Alphabet City.
Les repas chaque jour dans des restaurants différents, les cigarettes, l’alcool, la cocaïne et l’herbe, après le petit loyer de 400 $, étaient nos seules et u***s dépenses.

Nous traversions maintenant ce continuel marché aux puces d’Astor Place, quand Bridget s’arrêta devant le stand d’un grand Black qui proposait des livres à vingt-cinq cents, cinquante cents ou un dollar. « Regarde Honey », me dit-elle, « l’Insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera. ».
Je remarquai de suite un autre roman, presque neuf, là, poser sur un coin de la table à côté d’une pile de magazines Penthouse. Il s’agissait de « C’est beau une ville la nuit », en français, de Richard Bohringer, sans doute un bouquin oublié quelque part par un touriste francophone de passage dans la Grande Pomme. Bohringer était une star à l’époque, « Diva », « Subway », « Le grand chemin »… Je le connaissais un peu, je l’avais rencontré mais ne le savais pas auteur.
« Combien, celui-là ? ».
« Tu es Français ? Je ne peux le vendre qu’à toi alors ! Vingt-cinq cents ! », rigola le camelot.
Bridget était déjà en discussion, Milan Kundera sous le bras, avec un rasta barbu qui portait un chapeau haut de forme, avait des yeux bleus magnifiques et un grand sourire. Ils se firent la bise, il l’appelait « sister ». Discrètement, ils échangèrent le petit sachet de cachets d’ecstasy, la « drogue de l’amour », contre un billet de cinquante dollars.
Plus loin, on s’arrêtait encore dans un « Liquor store », une bouteille de Veuve Clicquot, deux cartouches de Marlboro rouges, un carton d’Amstel et deux litres de vodka Stolichnaya.
Les courses étaient terminées.

Je lus avidement le livre, et le relus encore. Chaque page écrite par cet écorché vif me parlait directement. Moi aussi, je fumais et je buvais trop depuis mon arrivée à New York, l’argent facile du généreux salaire américain, ma rencontre avec une fille belle et ***y mais très fêtarde qui vivait la nuit, la découverte de la drogue à chaque coin de rue dans ce New York sale et débauché des années 90. Confucius avait déjà dit, il y a longtemps : « les vices arrivent tels des passagers, ils nous rendent visite en tant qu’invités mais restent en tant que maîtres. »…
Bohringer, je l’avais rencontré en 1986-1987 à Paris quand j’étais chef de cuisine à l’Arizona, un minuscule club de jazz de St Germain des Prés qu’il fréquentait assidûment. L’acteur, vêtu éternellement comme Colombo d’un imperméable Burberry, garait sa Mercedes-Benz 190 blanche et cabossée sur le trottoir et entrait en saluant les habitués de sa voix rauque et cassée. Il aimait discuter avec Novak, notre portier Serbe, un ancien légionnaire qui avait une prothèse de jambe. Il était souvent accompagné d’artistes fauchés, de musiciens inconnus et de femmes saoules. Chaque fois qu’il passait, bien qu’il ne mangeât jamais, il ne manquait jamais de me saluer dans les cuisines où j’exerçais seul. La carte était succincte : huîtres, saumon fumé et foie gras pour les entrées, homard, filet de bœuf et carré d’agneau pour les plats, plus trois ou quatre desserts. On servait de 20 heures à minuit, le bar lui, fermait à quatre heures du matin. Richard m’offrait toujours un verre, vidait le sien en un clin d’œil et repartait au bar, où il discutait bruyamment avec tout le monde.

Je ne sais pas pourquoi, mais touchée en plein cœur par son roman, mon existence changea drastiquement du jour au lendemain. Je décidai d’arrêter de fumer, de boire et de prendre de la drogue. Je commençai les réunions d’alcooliques anonymes hebdomadaires dans l’église presbytérienne de mon quartier. Bridget, qui ne supportait pas de rester sobre plus de 48 heures, me quitta bientôt, suivant un joueur de poker professionnel de vingt ans son aîné à Atlantic City. Je rencontrai aussitôt une étudiante en sciences politiques à NYU, Pamela, qui est aujourd’hui mon épouse et j’obtins une place de chef à La Bohème, un petit bistro français bien plus calme que les folles parties de chez Régine.
Puis j’ai écrit une lettre de quatre pages à l’auteur, pour lui raconter comment son livre avait changé ma vie et pour l’en remercier. La lettre fût envoyée à l’éditeur, Arthaud, à l’intention de Mr Bohringer Richard, sans beaucoup d’espoir qu’il la lise un jour.
A peine un mois après pourtant, je recevais une lettre de Richard, deux pages écrites nerveusement au stylo dans son style habituel.
Elle commençait ainsi : « Cher Daniel, j’ai bien aimé cette putain de lettre de New York… ».
Je l’ai plié, remise dans son enveloppe et rangé en marque-page dans le livre. Il n’y avait pas d’adresse d’expéditeur, alors nous n’avons pas poursuivi plus loin la correspondance.

Vingt cinq ans plus tard, en 2015, Pamela, notre grande fille et moi étions en voiture, en route pour l’aéroport de Nantes où nous allions embarquer sur un vol d’Air France pour l’aéroport de Kennedy, à New York. Nous allions passer une semaine, pour les fêtes de Thanksgiving, dans la famille de mon épouse. La radio diffusait France Bleue Loire Océan et soudain, cette voix, reconnaissable entre toutes, envahit l’habitacle feutré de l’Audi qui fonçait sur l’autoroute.
« Richard Bohringer, quel est votre souvenir le plus marquant, dans toutes vos vies d’acteur, d’écrivain ou de chanteur ? »
« C’est peut-être cette lettre d’un cuistot français que j’ai reçu de New York où il travaillait. Je venais de publier, dans les années 80, “C’est beau une ville la nuit” et il l’avait trouvé dans une poubelle. Le livre avait changé sa vie et il m’avait écrit pour m’en remercier… ». Il y eu une longue pause, ma femme, ma fille et moi, étions figés, les yeux écarquillés et la bouche ouverte.
L’auteur repris : « Et c’est pour cela qu’on écrit ! ».

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