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caky-26
Quelle belle déco dans ta pièce...
30/03/2020 à 17:28:23

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danymanou a 84 points de bonté.

danymanou
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222
Gardienne de l'arbre

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Les doigts fantômes

« Tu vois, ma cane, je n’ai pas dix doigts entiers comme toi. » Une dégauchisseuse sans protection, une planche qui se coince, et plusieurs phalanges sectionnées ont rougi les copeaux de bois. Dans l’atelier de grand-père, l’enfant que j’étais écoutait chaque mot du tragique accident comme ceux d’une légende dont j’étais le descendant.
Je ressentais de la fierté ; j’avais ce que les autres ne connaissaient pas : un papi aux doigts fantômes. Il m’expliquait la douleur qui parfois se jouait de lui quand le froid lui glaçait les doigts absents. Plus jeune, quand il était entier, mon héros de papi pouvait porter à bout de bras une enclume de 100 kilos, ou un gêneur aviné à la sortie d’un bal. Son éthos préalable pouvait conquérir n’importe quel auditoire de cinq ans lorsqu’il me racontait comment mon père, à la recherche des doigts coupés, les enfouissait dans un sachet glacé. Heureusement, la médecine des années soixante a beaucoup progressé. Aujourd’hui, les doigts retrouvent plus facilement leurs mains après en avoir été séparés.
Je cognais depuis dix minutes avec le marteau sur ce fichu clou qui refusait de percer l’établi. Papi regardait son petit-fils jurer comme un charron — c’était son premier métier. Des larmes roulaient sur mes joues non pas de douleur, mais de rage. À frapper sur mes doigts, j’enfouissais la graine du petit homme en devenir sous le regard bienveillant de mon aïeul. Sa main sans doigts tenait le clou, et de l’autre guidait la mienne qui tremblait des derniers sanglots. Alors nous échangeâmes un sourire. Je sens encore le cuir épais de sa paluche de géant me consoler. Elle secouait légèrement ma tête : « Allez, ma cane. Sois fier de toi. Tu as bien travaillé ».
L’atelier exhalait une forte odeur de sciure de bois de différentes origines. De jeunes sapins Douglas, des chênes centenaires, des pins autrichiens mélangeaient leurs effluves de morts-vivants. À gauche en entrant, un tas de planches attendaient la découpe dans un silence de bois mort. Pas pour longtemps. À droite, une succession de poulies raccordées à un moteur électrique animait dans un fracas terrifiant des machines infernales. Une scie à ruban déchirait les chairs d’un conifère ; une raboteuse perverse crachait le derme coriace d’un chêne à l’agonie. Le rugissement strident de la dégauchisseuse criminelle trahissait la présence de l’ennemi à l’affût, prêt à broyer la main happée, déchiquetée, écrasée. Je progressais dans l’ombre, de peur d’être reconnu, moi, le petit-fils du héros aux doigts coupés. Mes pieds butaient sur les restes des suppliciés réduits en morceaux. Au fond de leur repaire, ces bêtes féroces, avides de sèves sylvestres, de leur chant de sirène, m’attiraient. Je résistais à leur machination : j’avançai, louvoyai et me faufilai jusqu’à une porte dérobée.
Le toit devenu plus bas assourdissait les appels angoissés des planchers mis au rebut. Ils finiraient dans les flammes d’une chaudière affamée. La porte s’ouvrit. Un dragon me soufflait son air brûlant. De ses poumons d’acier fondait sur moi une fumée à l’odeur de suie étouffante. Le visage enfoui dans le creux de mon coude, je luttais pas à pas jusqu’à l’Etna en fusion. Des laves incandescentes projetaient leurs feux du Diable au plafond et sur les murs. Un esprit sata*** actionnait une soufflerie de ses bras crochus pour attiser ce brasier. Il se retourna, pointa sur moi une arme maléfique dont l’extrémité chauffée jusqu’à l’os me lançait des flèches empoisonnées. J’esquivai, puis il reprit sa position initiale. Soudain, muni d’un marteau des abîmes, le suppôt de Satan écrasa la pointe de l’arme comme une crêpe. Le marteau rebondit pour s’acharner sur le métal en fusion. Pris de pa***, tout mon corps se tendit, alors que mon oncle enleva ses lunettes de protection, et me fit signe de m’approcher.
« N’aie pas peur ! Veux-tu essayer ? » La masse ne décolla pas de l’enclume, malgré tous mes efforts pour l’en déloger. Excalibur ! Obéis-moi ! Vaines injonctions contre le sort qui m’était jeté : d’Arthur, je n’avais pas encore l’envergure. Dans une tentative désespérée, l’épée prise à deux mains s’arracha de l’enclume. Hourra ! criai-je à l’oncle Noël ! Grande fut ma déception quand je m’aperçus qu’une des deux mains ne m’appartenait pas. Tête basse, je quittai l’âtre du diable en m’échappant par la sortie des artistes.
Une fois dehors, je fus enveloppé par la fraîcheur d’une bise salvatrice. La fièvre quitta mon corps sous forme de gouttelettes de sueurs qui roulaient sur mes joues, et un peu de larmes que j’essuyai dans ma manche en reniflant. Des grumes séchaient au soleil de printemps, crachaient leurs jus d’aubier. Derrière, une vieille cabane à lapins rouillait ses grillages, et m’invitait à l’escalader. La montagne de tuiles qui la jouxtait m’offrit un large passage comme une plaine en léger faux plat. Au bout, un horizon d’inconnu. Le sol d’argile cuite craquait sous mes souliers. Des voix inquiètes montaient jusqu’au sommet. Que disaient-elles ? Mon cœur se mit à battre un peu plus vite. Je m’accroupis dans un silence mortifère. L’arrête sommitale approchait. Des palpitations amplifiaient l’angoisse de l’explorateur qui m’habitait. N’y tenant plus, je m’élevai au-dessus du vide, prêt à bondir comme un guerrier en armure pour défendre la veuve et l’orphelin.
« Descends de là tout de suite ! » Mon père, furieux, et angoissé par l’idée que je puisse me rompre le cou, n’avait pas l’air de rigoler. Qu’à cela ne tienne. Convaincu, mais pas vaincu, l’âme vaillante, je fis demi-tour et descendis la pente sur les fesses. L’explication qui suivit l’exploit n’emporta pas l’adhésion de mon public paternel. La punition me convia au confinement pendant quelques heures. Le soir, grand-père vint me voir. Mes yeux ne quittaient pas ses grandes mains. Allaient-elles sanctionner par leur toute-puissance ma désinvolture ? Elles m’invitèrent à m’asseoir sur les genoux de leur propriétaire. Elles me racontèrent cette histoire incroyable, celle d’un petit garçon téméraire qui avait osé affronter le danger en s’échappant de sa maison pour rejoindre une forêt profonde. Peuplée de loups aux crocs pointus et à la langue fourchue, elle ne rendait jamais ceux ou celles qui osaient s’en approcher. Inquiet, je demandais à papi pourquoi il me racontait une histoire aussi effrayante. Pour toute réponse, il me montra ses mains. « Vois-tu, ma cane, ces mains ont beaucoup d’histoire à raconter, elles ont pris des risques, mais ce qu’elles ont vécu n’a rien à voir avec l’imagination d’un enfant. Les doigts, ça ne repousse pas. L’imagination, elle, est sans limites. »
La main de l’enfant tient bien ferme le clou au-dessus de l’établi, et d’un seul coup, le marteau enfonce la tige d’acier jusqu’à la garde. Arthur ! Tiens-toi prêt à affronter Lancelot, digne héritier du héros à la main aux doigts fantômes.

 

Prochaines dates :

 

 Du 13 au 19 avril 2020

 Du 18 au 24 mai 2020

 Du 15 au 21 juin 2020

 Du 20 au 26 juillet 2020

 Du 17 au 23 août 2020

 Du 14 au 20 septembre 2020

 Du 19 au 25 octobre 2020

 Du 16 au 22 novembre 2020

 Du 14 au 20 décembre 2020

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