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danymanou a 84 points de bonté.

danymanou
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222
Gardienne de l'arbre

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La conteuse sur pilotis

Florence fut stupéfaite de voir l’affiche de Blanche Neige et les sept nains en format grandeur nature couvrir tout le mur gauche de la petite pièce de l’école. L’affiche semblait envahir l’atelier de lecture et les personnages sautiller gaiement au milieu des enfants. Cette impression, les enfants devaient la percevoir tous les jours en franchissant le local qui les propulsait dans l’univers des contes. Par la fenêtre aux vitres scintillantes, le soleil s’échappait pour marbrer de fines rayures les têtes brunes aux cheveux raides. Il n’y avait que quelques petites tables et chaises modestement alignées, des étagères où les livres et les recueils de comptines prenaient de plus en plus de place à mesure que l’association apportait de nouvelles fournitures. À chacune de ses visites, l’association pour le maintien de l’école dans les villages des hauts plateaux du Nord-Vietnam proposait des ouvrages variés allant du simple livre de lecture aux livres cartonnés de contes, des livres de toute facture aux formes étranges, imaginées pour projeter les petits lecteurs dans le domaine des rêves dès la porte de couverture franchie. Florence jetait son dévolu sur les contes et ramenait des livres traduits dans les dialectes de ces montagnards vivant à plus de mille mètres d’altitude.

— Alors comme cela, vous connaissez Atchoum, Joyeux et Grincheux ?
— Et Prof, Timide, Dormeur et Simplet, répondirent les enfants en riant de toutes leurs petites dents. Ce sont nos amis. On va avec eux à l’école, on les retrouve ici et on repart avec eux en chantant leur refrain.

Et tout à coup on entendit dans toute la salle le « Hé ho, Hé ho, on rentre du boulot » chantonné sur un rythme martial, ce qui surprit Florence complètement prise au dépourvu. Un accueil pittoresque ! Le conte était parvenu jusqu’à ces hauts plateaux grâce à l’acheminement d’un souhait, celui de mêler les contes de Perrault aux légendes de la région et en faire ainsi un panel d’histoires qui éveilleraient la curiosité des enfants à la vie des enfants du monde. Par le biais des contes, tous les enfants pouvaient ainsi hériter d’un même terroir, des souches aventurières, des racines serpentant harmonieusement jusque dans les sols les plus éloignés. Ainsi la sève devient prolifique quand la plante reçoit plusieurs greffons.

Après avoir fait le tour de l’école au confort rudimentaire, la cour de récréation et ses installations ludiques, les classes elles-mêmes équipées de fournitures neuves, inspecté les dortoirs et vérifié l’état de salubrité du réfectoire, l’équipe se retira pour mieux cibler leurs prochaines dotations, les crédits à soulever et les rapports à rédiger.

Le séjour de Florence et de son groupe d’instructeurs devait durer une semaine. Ils étaient tous logés chez l’habitant. Florence s’attachait davantage à faire parler les enfants. La vérité ne sort-elle pas de la bouche des enfants ? Elle les observait et jouait avec eux avant de s’en faire une opinion. C’était un village dont les maisons étaient bâties sur pilotis avec au rez-de-chaussée la salle de bains et les pièces annexes servant de buanderie. La vie quotidienne jouait doucement de ses accords mélodieux dans les hauteurs. La pièce commune s’ouvrait sur une large baie avec une terrasse d’où l’on pouvait contempler les splendeurs de la montagne étagée en rizières. Toute la famille, père, mère et les trois enfants lui firent visiter les chambres, les bureaux et la cuisine. Elle aida à préparer le repas du soir et ils se retrouvèrent autour d’une grande table pour déguster une entrée de pommes de terre et savourer lentement ce bouillon de pâtes et de viande aux différentes épices. Le pho ou soupe tonkinoise, c’était un repas complet servi dans un grand bol avec des baguettes pour seul couvert. La famille avait accueilli Florence avec beaucoup de simplicité en lui disant qu’elle pouvait les suivre dans leurs tâches quotidiennes si elle le souhaitait, l’essentiel était de vivre en immersion.

Toan, c’était le petit garçon. Malicieux, espiègle, toujours souriant et de bonne humeur et à l’affût de la prochaine farce à programmer. May, la petite fille suivait la grande sœur Kim Chi déjà très protectrice et très active.

Autour du repas familial, Florence mania ses baguettes de telle façon que Toan se tordit de rire. « Mais non, mais non, tu les prends comme si c’était des cornes de vache ! » Les mimiques de Toan firent le bonheur de tous ; on riait pour chaque mot écorché, pour le mot trop vite prononcé, pour le mot qu’on cherchait et ce fut par un langage égayé de mimes que le lien affectif se noua.

— Toi, tu es le joyeux de la famille !
— Oui, hocha Toan de la tête. Prof, c’est elle et il pointa du doigt sa grande sœur si studieuse.
— May est la plus timide ?
— Oui tu as tout compris et toi tu es Blanche Neige. Tu arrives dans notre chaumière au fin fond des montagnes comme une princesse dans notre vie de paysans. Tu es belle, tu es toi aussi à la recherche de ton prince ?

Cela fit rire tous les attablés. Un bonheur fou entra dans le cœur de Florence. Elle sourit ne trouvant rien à dire sur ce mystérieux prince. La mère lui servit davantage de sauce de saumure. Le père proposa sa liqueur digestive et le repas continua dans la sarabande des questions.

— Tu te sens perdue, n’est-ce pas ? Tu vas voir ici, je te suivrai partout où tu vas et tu apprendras tout très vite comme moi je vais tout apprendre de toi.

Les gestes avaient plus de poids que les mots. Entre les mimiques, la gestuelle des mains et les mots ânonnés, la soirée fut divertissante.
Épuisée, elle réintégra sa chambre. Le lendemain, elle fut réveillée par les cris des coqs. Toute la nuit, les chiens avaient hurlé à la lune. Un autre bruit vrillait l’air frais des premières heures du jour. Les bulletins d’informations distillées par une radio ambulante que le facteur du coin faisait corner à plein volume n’arrangeaient pas ses tensions auditives. L’irruption des membres de la famille, chacun venant s’enquérir de sa santé et de son bien-être s’avéra bruyante et ajouta au vacarme ambiant. Ce fut la tempête dans son crâne. Toan fut direct :

— Tu as mal dormi. Florence n’eut pas à mentir, les cernes de ses yeux parlaient pour elle, sa mine défaite était éloquente et une fatigue laminait ses muscles.
— Tu as dû oublier de mettre des cotons dans les oreilles.
— Ah oui ! Les boules Quiès : oui j’ai oublié !
— Bon moi je m’en vais à l’école.
— Moi aussi, je te suis, je suis en retard.

«  Hé ho ! Hé ho, c’est l’heure du boulot » chantonna Toan tout le long du chemin. La petite May semait des cailloux sur le sentier pour se repérer tant elle avait peur de perdre le lacis du sentier qui souvent s’embourbait quand les pluies saisonnières noyaient le paysage. Heureusement que je suis là, dit Toan en riant de plus belle de son rire franc et gouailleur. Toan était intarissable tout en trottinant sur le chemin et en ne cessant de papoter :

— On a un conteur qui vient souvent nous lire des histoires à l’école. C’est pour cela qu’on connaît bien les contes même si on les mélange un peu, mais cela nous plaît. Le riz, tu vois, ne se mange pas seul. Il y a des tas de condiments autour de l’assiette, des épices, des légumes et des petits plats. C’est pareil pour les contes. Le Petit Poucet peut marcher avec nous, il ne sera pas seul. Et toi Blanche Neige, attention à la sorcière ! On veille au grain. Il faut bien qu’on te rende saine et sauve à ton prince !
Florence ne savait plus si elle riait ou souriait. Rien n’avait plus d’importance que la voix du petit bout d’homme qui conduisait son troupeau à travers les sentiers pierreux.
— Et encore tu ne sais même pas ce qu’est devenu Boucle d’or chez nous ! On l’a envoyée garder les mulets ! Et ne cherche pas la Bête, il n’y en a pas ici. La Belle trouve facilement son prince sans se bécoter, mais par contre Aladin s’est trouvé une bonne place dans nos soirées. Sa lampe nous tient éveillés tous les soirs et on attend que le conteur nous surprenne avec trois histoires et c’est après avoir entendu les trois histoires qu’on dort sans rêves. Tu nous raconteras des histoires ce soir ?

Florence suivait le flot des paroles, enivrée par le jacassement de Toan, les mystérieux sourires de May et le sérieux toujours déstabilisant de Kim Chi, qui par ailleurs ne cherchait pas à rabrouer Toan ni à freiner son intarissable babil. Ils formaient un étrange cortège qui parcourait des chemins pentus et parfois cabossés par des ornières rendant le trajet plus difficile. Florence prit des notes en décrivant chaque mètre du parcours, en calibrant au plus près le paysage, en se promettant de faire un exposé méticuleux dans son rapport qui insisterait sur la périlleuse marche des jeunes écoliers. Un système de ramassage scolaire devait être mis en place, elle en ferait sa priorité. Ils avaient tant d’entrain, les enfants, et tant d’imagination ! Que la vie pouvait être simple au milieu de ces plateaux ! Il n’y avait pas moyen de faire autrement que de partir d’un bon pied sur des chemins longs et tortueux et Florence s’étonnait qu’aucune solution n’eût été trouvée. Elle en parla aux enfants :

— Personne ne peut vous amener à l’école autrement qu’à pied ?
— Tu veux qu’on y aille à dos de mulet ? J’y ai pensé tu sais, mais avec une maman, c’est impossible de faire ce que l’on veut. Quand je serai grand, je conduirai les enfants à l’école en train ou en bus. C’est comme cela dans toutes les histoires, mais jamais dans notre vie. Mais j’ai beaucoup d’idées, fit Toan très sérieusement, le ton sentencieux, la mine sévère avec ce petit air grave et mystérieux que les enfants portent sur leur visage quand leurs rêves dans leur tête se bousculent et ne demandent qu’à jaillir.
La question du ramassage scolaire était toujours mise en avant. Les jours de pluie, les jours où les catastrophes diluviennes transformaient en bourbier les chemins, les enfants manquaient l’école et très souvent ne revenaient que par temps sec après une longue absence fuyant une bonne partie de leurs cours de sorte que l’enseignement dispensé était incertain, les bénévoles eux-mêmes souffrant des aléas météorologiques.
Puis, comme fâché de discuter sur un point qui lui paraissait insoluble, Toan sauta du coq à l’âne et raconta les soucis particuliers de sa vie d’écolier :

— Le surveillant, c’est un monstre, c’est le loup-garou. Il nous surveille et nous gronde pour un rien. On lui prépare une marmite d’eau chaude qu’on lui versera sur la tête. Un jour j’ai même mis une bestiole dans son sac. La bestiole lui a mangé son goûter. Tu sais quoi ? Il est venu mendier notre goûter ! Ne fais pas cette tête ! Kim Chi répare nos bêtises pour qu’on ne soit pas trop puni !
Et de nouveau ce rire qui éclaboussait le ciel laissant l’air pleurer de bruine.

Le soir, Toan prit l’habitude de venir lui dire :
— Passe une bonne nuit, n’oublie pas tes boules Quies et ne fais pas attention aux monstres.
— Ils n’existent que dans les contes !
— T’en sais rien. Ils sont partout, il y en a beaucoup dans ta tête et cela fout le cafard dans tes rêves.
Laissant Florence totalement interloquée, Toan, exubérant, continuait :
— Le conteur ne passe plus en ce moment. Tu ne veux pas prendre sa place ?
Ils eurent tous une série de lectures et de contes à l’école et le soir, Florence prit l’habitude de s’entourer des petits sur la terrasse de la maison en pilotis pour leur raconter des histoires si bien entrecoupées par les digressions inventives de Toan qu’elle ne sut jamais comment elles aboutissaient. Elle se trouvait ainsi dépositaire d’une série de petites anecdotes dont elle jura d’en faire un recueil. Le ton facétieux, les lieux imaginaires, les traits des personnages, l’intrigue farfelue assortie d’un vocabulaire cocasse et imagé, tout contribuait à donner une tournure extravagante à ces récits ficelés sur la terrasse en pilotis quand la vue embrassait des pentes de rizières émeraude.
En voyant la grande attention des petits, l’intérêt qu’ils montraient à toute forme d’activité, elle développa des ateliers de peinture et de dessin. Elle colla sur de grands panneaux, des tableaux de Georges Braque et de Piet Mondrian.
— Vous aussi, vous pouvez jouer avec les couleurs. Vous aussi, vous pouvez dessiner les oiseaux en conservant juste quelques traits, le long cou, la queue en triangle et les deux ailes en demi-cercle. Les formes qu’elles soient carrées ou rectangulaires, placez-les selon votre façon de voir. Ce sont des cubes que vous bâtissez avec la pelure de vos mains.
Elle découpa des modèles de papillons et monta des mobiles, elle leur montra une autre vision du coloriage et elle eut la surprise de les voir si habiles à manier les tiges de rotin et de souchet. Des activités cuisine furent appréciées également. Une activité par jour, et la pause lecture occupait les enfants tout en développant leurs capacités sensorielles et manuelles. Entre les jeux et les comptines, elle fut surprise d’entendre des airs d’artistes connus et traduits dans la langue vernaculaire. Aucun dialecte ne résistait aux refrains de « l’école est finie » et de « l’adieu à Monsieur le professeur ».

Florence rédigea son compte-rendu en insistant sur les points qui lui paraissaient essentiels. Les enfants avaient soif de culture, s’appuyaient en grande partie sur une fantaisie abondante peuplée de hauts faits perpétrés par des personnages qu’ils inventaient dans leur désir de leur ressembler. Ils avaient la capacité de métamorphoser leur quotidien qui, si humble fût-il, était rempli des couleurs de leur enthousiasme. Au tréfonds de leur âme se trouvait un vivier de talents, une réserve où ils puiseraient un jour cette énergie qui caractérise les explorateurs capables de combler la terre de merveilles. Mais d’ici là, si on n’accélérait pas les projets en cours, May aurait le temps de grandir et de rester au foyer, Kim Chi serait partie pour une alliance et Toan deviendrait un de ces vigoureux fermiers qui rêvent d’élargir leurs horizons. D’énormes ressources humaines et spirituelles s’épanouissaient dans un milieu qui méritait d’être connu.
Le moment de les quitter arriva, l’heure n’était plus aux calembours ni aux rébus incongrus. Toan se posa bien droit devant Florence, la regarda avec un sérieux qui ne lui était pas coutumier :

— Un jour viendra où je passerai dans ton pays et tu me reverras. J’aurais comme toi une valise avec des tas d’histoires à te raconter.

 

Prochaines dates :

 

 Du 13 au 19 avril 2020

 Du 18 au 24 mai 2020

 Du 15 au 21 juin 2020

 Du 20 au 26 juillet 2020

 Du 17 au 23 août 2020

 Du 14 au 20 septembre 2020

 Du 19 au 25 octobre 2020

 Du 16 au 22 novembre 2020

 Du 14 au 20 décembre 2020

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