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+2 Belle et bonne semaine Gros bisous ma...
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18/08/2019 à 22:11:18

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danymanou a 84 points de bonté.

danymanou
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bonjour pas de vote le mardi 20 je pars trés tot et renterais tard ne voter pas ceux ci ne seront pas rendu merci 

Les rides de Mona Lisa

Monsieur Paul, un des surveillants de nuit du Louvre, effectuait sa dernière ronde. Il avait pour consignes d’alterner vérifications de visu et surveillance depuis son poste. Il s’assurait, sur divers écrans, que rien ne perturbait le silence des lieux, qu’aucun malotru ne s’y était introduit, mais il aimait parcourir le dédale des couloirs et goûtait la sérénité des heures entre chien et loup, quand les espaces de l’aile Denon s’ouvraient pour lui seul. Alors, il s’imprégnait encore et encore de la magnificence des toiles les plus célèbres. 
Ses pas le portèrent, comme chaque matin vers la salle de La Joconde.
Il la connaissait bien, sa Mona Lisa, presque aussi bien que les plus fameux spécialistes de la Renaissance italienne, cela faisait quinze ans qu’il arpentait les galeries. Mais ce matin-là, ce ne fut pas l’admiration qui le statufia : sa Joconde avait subitement vieilli en une seule nuit !
Devant le tableau, il resta de longues minutes, figé, pétrifié. Un malaise le saisit, fait de doutes, de stupéfaction et d’effroi. Déjà, il anticipait les conséquences de la catastrophe dont il était le témoin privilégié. 

Mona Lisa était devenue en une nuit une vieillarde aux cheveux blancs, des rides étoilaient ses yeux, fripaient son front, les commissures de ses lèvres s’affaissaient transformant le sourire énigmatique en rictus résigné. La belle croisait des mains tavelées aux veines bleutées, presque impudiques.
Le pauvre homme avait sorti un grand mouchoir à carreaux gris et blanc de sa poche et s’épongeait le front.
Il s’approcha, espérant encore un effet de lumière facétieux sur la vitre blindée. Non, il ne rêvait pas ! il était bien face au chef-d’œuvre mondialement connu, mais le portrait qui s’affichait n’avait plus aucun des attraits de l’œuvre de da Vinci et cette métamorphose n’était pas due à l’inévitable vieillissement des vernis, au ternissement des peintures, ni aux craquelures du support de bois... Seuls restaient inchangés la pose du sujet, et en arrière- plan, le décor végétal. Les modelés du visage s’étaient effacés, réduisant à néant sa grâce impalpable, le regard éteint ne jetait plus à ses admirateurs l’irrésistible éclat iro*** que Mona Lisa leur condescendait.

Le veilleur de nuit réagit enfin. Il téléphona à son supérieur, un appel angoissé, terrifié, peu compréhensible. L’autre bougonna au bout du fil qu’on n’avait pas intérêt à le déranger pour rien. Mais quand, à son tour, il fut face à La Joconde, il pâlit de stupeur et déboutonna précipitamment son col de chemise pour mieux respirer.
Très vite, le responsable décréta qu’il valait mieux agir avec discrétion, il fit part de cette consigne à son interlocuteur, lui demandant s’il avait signalé l’anomalie à quelqu’un d’autre. Ce qui n’était pas le cas. Puis il alerta le conservateur du département, lequel arriva essoufflé, au bord de l’apoplexie.
Expert avisé, l’homme scruta à son tour le tableau.
— C’est incompréhensible… Un simple examen visuel… Il faut… il faut avertir le ministre de la Culture… réussit-il à articuler.
Celui-ci déboula dans le quart d’heure.
Dès lors, ce fut une succession de sommités qui, tour à tour, se pincèrent en constatant la transformation du tableau et confirmèrent l’étrange phénomène du vieillissement de Mona Lisa. 
La cellule de crise s’organisa.

— C’est un vol suivi d’une substitution ! Voyons, ça ne peut rien être d’autre, assura, péremptoire, le ministre.
— Je partage votre avis, Monsieur le Ministre, mais voir ainsi La Joconde, avouez que c’est traumatisant… bredouilla le conservateur.
— L’œuvre d’un plaisantin ! Il y a eu la version moustachue, une autre dénudée, et j’en passe ! fit l’inspecteur de police Duchemin, sur les lieux lui aussi. Idée qui fut corroborée d’un signe de tête par son adjoint, Lambert.
— Une chance, on est mardi, le musée est fermé, ça nous laisse vingt-quatre heures pour agir… Notre équipe scientifique va analyser le tableau. Les agents sont en grève, ça limite le nombre de personnes à qui demander le silence, remarqua le conservateur qui reprenait peu à peu son sang-froid.
— Non pas demander, mais imposer le silence ! Il ne faut à aucun prix que cette affaire s’ébruite ! Perdre La Joconde, c’est une catastrophe, une ruine pour l’économie touristique ! tonna à nouveau le représentant de l’État.
— Il reste la Tout Eiffel et… osa M.Paul.
On le fusilla du regard.
— Pas un mot, surtout pas un mot de cette affaire ! Menacez au besoin ! Perte de l’emploi et représailles multiples !


Peu de temps s’écoula avant l’arrivée du ministre de l’Intérieur, entouré d’une flopée de gardes du corps. Il fallut patienter encore avant que ne se déplace en personne, le Président de la République, flanqué de sa propre escorte.
Ces messieurs constatèrent l’étendue des dégâts et comprirent vite les conséquences désastreuses qu’allait provoquer une Mona Lisa ridée et aux cheveux blanchis.
Déjà le tableau avait été décroché avec moult précautions de la cimaise et on le transportait comme une relique au laboratoire.
— C’est une catastrophe ! une catastrophe ! Ce tableau attire des millions de visiteurs. Imaginez les retombées économiques…
Cette phrase fut répétée comme un leitmotiv.
Quelques mots qui, à eux seuls, révélaient la fragilité financière dans laquelle s’enfonçait le pays. Les regards qu’échangeaient le chef d’État et ses collaborateurs en disaient long sur leurs doutes à remplir les caisses de la nation.
Ce fut le ministre de l’Intérieur qui rompit le silence en suggérant de faire appel à un copiste.
— Il faut parer au plus urgent et l’urgence, c’est de combler cet espace ! fit-il en désignant le vide laissé par La Joconde partie en observation.
Son homologue de la Culture estima géniale cette idée :
— Alfred K ! évidemment ! Comment n’y ai-je pas pensé ! Il a décoré pour une bouchée de pain mon manoir breton… Vraiment, c’est un merveilleux artiste, il a une patte exceptionnelle ! Il…
L’homme refréna son enthousiasme en croisant le regard glacial du Président. Quant au commissaire Duchemin, il faillit étouffer en signalant :
— C’est un faussaire ! et un faux-monnayeur ! pas un copiste ! D’ailleurs, il est incarcéré pour de multiples forfaits…
— Mais c’est le meilleur dans sa spécialité, soupira le chef de l’État. Je crains que nous n’ayons pas le choix… Du moins dans un premier temps. Mais attention, soyons exigeants, intraitables ! Il faut impérativement que sa Joconde soit plus vraie que la vraie !
On délégua donc un sous-fifre auprès du faussaire. Celui-ci se montra ravi de l’offre qu’on lui faisait. Il sembla même davantage enthousiaste à l’idée de rivaliser avec le Maître de la Renaissance qu’à la réduction de peine accordée.

C’est ainsi que, depuis ce mardi particulier et après une période où le tableau, à l’abri des regards subissait une restauration – c’était l’explication donnée pour justifier sa disparition les innombrables curieux qui se pressaient au Louvre pour voir Mona Lisa, admirèrent en toute innocence et béats de contentement, l’œuvre du détenu Alfred K. 
Il avait fallu trois mois à ce personnage pour réaliser une Joconde fort présentable, sous l’œil vigilant de gardiens désignés par Duchemin ; quotidiennement, l’homme quittait Fleury-Mérogis et on l’y ramenait chaque soir.
Mais par prudence, on choisit d’exposer la toile dans une autre salle qui diffusait une lumière légèrement différente, au cas où un œil plus avisé n’émette des doutes sur cette « renaissance » particulière.
Cependant, les causes de la mutation du visage de la belle Florentine demeuraient ténébreuses. Les questions sans réponses se multipliaient, en provoquant d’autres. On évoqua le changement de climat, le réveil de virus inconnus. Les Illuminati furent désignés sous les lambris dorés du Pouvoir. Le pauvre Duchemin et son équipe d’enquêteurs pataugeaient sans l’ombre d’une piste. On s’agitait beaucoup, mais personne ne trouvait d’explications scientifiques fiables à une telle énigme.
Le mystère s’épaissit encore quand le ministre de la Culture confia à son homologue italien le drame du Louvre. 
— Chez vous aussi ! s’exclama son interlocuteur. Aux Offices, la Vénus de Botticelli présente les mêmes symptômes de décrépitude ! C’est une contagion ! Les natures mortes s’affadissent elles aussi ! une horreur ! les fruits pourrissent de jour en jour et les fleurs se fanent… Je vous laisse imaginer ce que vont devenir les compositions d’Arcimboldo !
L’art statuaire est surveillé de très près, on veut se persuader que marbres et bronzes sont éternels, mais aucun des plus éminents spécialistes n’ose aujourd’hui l’affirmer.
Ces informations glacèrent d’effroi le cercle des initiés – et ils étaient de plus en plus nombreux. Certains examinèrent scrupuleusement les tableaux qu’ils avaient achetés – ici, un Van Gogh, là un Renoir… – pour échapper à l’impôt et durent constater à leur tour, leur irrémédiable altération. Des fortunes étaient menacées, l’ombre d’une crise financière sans précédent se profilait.

À la même période, les archivistes des bibliothèques notèrent que des collections entières d’ouvrages se pulvérisaient, les incunables, les premiers, partirent en poussière. Bien que faisant l’objet des plus grands soins, l’exemplaire de la Bible de Gutenberg conservée à la Bibliothèque nationale n’échappa pas au désastre : impuissants, les conservateurs virent s’estomper caractères et enluminures.
Monsieur Paul, premier témoin de « l’affaire », bien loin des considérations mercantiles, se demandait, lui, quelles traces resteraient du passage de l’humanité sur terre si les œuvres d’art se réduisaient comme peau de chagrin.

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