Pseudo

Mot de passe

Ton pseudo :Ton email :
Ton mot de passe :Ton année de naissance :







Note Doll
Note Loft
A vie
Cette semaine
55606
55606
106
106
sabalydiss
Bonne journée sous le soleil, bisous
23/08/2019 à 08:19:46
buffy491
+2 déposé
23/08/2019 à 08:09:40
folliedouce
+ 2 bisous.
23/08/2019 à 07:43:45
leilla-love
+2 Coucou du jour et une envolée de...
23/08/2019 à 01:51:29

Lire tous les com'z

danymanou a 84 points de bonté.

danymanou
Niveau
215
Gardienne de l'arbre

Tu n'es pas encore membre VIP !
Pour obtenir la pièce VIP et pleins d'autres avantages, tu dois être membre VIP !
Tu peux t'abonner à la semaine pour évoluer à ton rythme.
Si tu es déjà fan d'OhMyDollz, tu peux directement t'abonner pour plusieurs mois.

Rejoins le cercle très privé des membres VIP !

Orage

Le ciel était strié de filaments orangés, veines de cornaline enchevêtrées sur fond d’azur.
Il ferait beau dans la vallée, en plein cœur de l’été, la saison où l’ouvrage bat son plein, quand on se lève avant le soleil pour se coucher à l’heure du travail achevé. 
Malgré ce labeur infini, je revendiquais deux jours de vacances, loin de la traite, des volailles et de la maisonnée. Nos parents ne ménageaient pas leur peine, la nôtre non plus. C’était comme ça depuis la nuit des temps, personne ne dérogeait à la règle. Travailler pour gagner sa pitance ou être banni du clan.
Nous étions trop jeunes pour vivre notre vie. J’étais la grande sœur responsable, la petite mère dès que la vraie se trouvait ensevelie sous les tâches de la ferme. Edmond, né deux ans après moi, en avait onze.

La perspective d’un bivouac dans la cabane de l’alpage nous laissait entrevoir le goût suave de la liberté. Nous salivions déjà à l’évocation du projet, nos mouvements devenaient amples, les gestes déliés, nos poumons s’élargissaient de gratitude au contact d’un air délivré de contraintes, nos oreilles assourdies par une petite musique, celle de l’âge adulte, quand on a enfin tous les droits. Deux jours et une nuit, c’était peu, c’était beaucoup, le temps de se graver des souvenirs pour les heures sombres de l’hiver, lorsque les parents s’inquiètent de la saison prochaine. 
Edmond avait sauté de joie en s’esclaffant devant mon plan secret, je l’avais bâillonné d’une main ferme, il nous fallait être discrets. Il s’était arrêté tout net tant il détestait me contrarier.

L’aube commençait à souffler sur les étoiles lorsque nous avons quitté la maison, nos chaussures à lacets au bout des doigts. Chacun portait un sac à dos chargé de victuailles et de vêtements chauds. On était prêt, j’avais vérifié les listes, laissé un mot aux parents. Je les imaginais enragés plutôt qu’à se ronger les sangs en découvrant notre forfait, mais je voulais agir avec élégance. Au retour, on se prendrait une correction, je serais privée de sortie tous les dimanches de l’été, Edmond astreint au curage de la soue. Gratter le lisier brunâtre, changer la paille sous les grognements de la truie, pousser du pied les porcelets aveugles, je l’aiderai. Une équipée en pleine montagne valait bien quelques souffrances. Edmond en convenait, bombant son torse frêle, tête haute coiffée d’épis couleur du blé.
Nous avons entamé l’ascension à pas mesurés, suivant l’exemple de notre père. L’éducation par l’expérience. À peine savions-nous marcher qu’il nous emmenait sur les pentes raides, par tous les temps, pour renforcer nos muscles tendres et nous aguerrir devant les turpitudes de l’existence. Il prenait plaisir à nous voir grimacer dans les montées et nous plaindre de nos genoux lorsque nous dévalions les coteaux. À croire qu’il voulait se forger deux ouvriers agricoles à bon marché.
Notre mère, éreintée par les soucis domestiques, le dos brûlant à force de se courber, les jambes usées de ses périples à travers champs, nous accueillait sans l’ébauche d’un sourire. Ce n’était pas dans sa nature. Pour elle, nous étions des trublions, des bouches inutiles en attendant de servir. Elle avait connu la froideur d’une famille rustre et ne savait rien de la douceur d’un ***.
Edmond, oubliant les préceptes paternels, folâtrait comme un jeune chiot. Il courait devant moi et revenait sur ses pas quémander un encouragement. Je n’avais pas le cœur à le contrarier. Notre expédition serait une parenthèse enchantée, un bouquet de sensations à raviver jusqu’à notre mort. Les instants de bonheur n’émaillaient pas notre quotidien et j’avais fomenté ce séjour à l’alpage pour voir briller les étoiles dans le regard un peu perdu de mon frère, entendre son rire clair plus que ma propre satisfaction. Je pressentais que sa vie serait semée d’embûches, il n’était pas bâti pour en affronter la rudesse.
À ce rythme de chien fou, il se fatigua vite, l’épi collé au front et le souffle court. Après une brève pause et une seule gorgée d’eau, selon la même doctrine, si l’on boit trop on se coupe les jambes, nous reprenions la route. 
Nous avions dépassé les haies de feuillus, les ronciers inclinés sous le poids des mûres bleues. Le clocher avait disparu de notre horizon depuis longtemps, la forêt laissait place à la roche brute et noire et hostile où ne s’aventuraient que les chamois fiers de leur aisance à gravir les pentes escarpées. 
Je savais qu’après la montée, il nous faudrait descendre avant de grimper à nouveau.
Le soleil était à l’aplomb, une touffeur lourde, sans le moindre souffle de vent. À cette altitude nous aurions dû sentir le cristal de l’air caresser nos peaux ruisselantes. Le ciel se brossait de filets blanchâtres, les sommets auréolés de grosses boules de coton gris. Edmond frissonnait malgré la chaleur. Il était pâle sous un sourire de façade, pour me rassurer autant que lui-même.

Je commençais à douter de mon entreprise. On ne voyait pas à vingt mètres tant la brume devint soudain opaque. Le tonnerre commençait à rouler au loin, puis plus près. Je comptais les secondes entre les éclairs qui avaient entamé leur parade et ces grondements de félin menacé. L’orage approchait, bientôt il serait là, au-dessus de nos têtes couvertes de pèlerines dérisoires. La pluie tomberait à la verticale en un rideau de flèches argentées. Je ne savais plus s’il nous fallait avancer, redescendre ou chercher un abri dans une grotte humide. Je me remémorais l’enseignement de notre père, mais le chapitre de l’orage m’échappait, je l’avais oublié.
Le ruisseau grossissait. Je connaissais le ru primesautier, mais la cascade chargée de grêle et de neige fondue depuis les sommets, déversait des rouleaux d’écume sous les coups de boutoir des dieux en folie.
Je distinguai une cavité rocheuse dans la nuit qui tombait en plein jour. Edmond enfila un pull sur ses vêtements trempés tandis que j’allumais un feu avec du petit bois préservé de l’eau. Pelotonnés dans la grotte, nos jeunes corps s’efforçaient de garder l’illusion de chaleur. Les pierres dévalaient devant mes yeux hagards, je protégeais Edmond calfeutré dans mon dos, les bras autour de ma taille, je sentais son haleine acide dans mon cou. Le torrent rugissait, emportant troncs et rocailles à la vitesse d’un cheval au galop.
Peu à peu, le vacarme s’éloigna, jusqu’à devenir un miaulement de chaton insolent. L’orage se déplaçait, il allait sévir dans une autre contrée. Au creux de la vallée peut-être, il lui suffisait de débouler en grondant, dans le dessein machiavélique d’effrayer d’autres enfants. Une pensée fugace me traversa, j’imaginais nos maigres cultures englouties sous la gadoue. Je réprimai mes larmes.
Edmond claquait des dents, je lui proposai une guimauve gagnée à la fête. Il s’en empara comme d’un trésor et n’en fit qu’une bouchée.

Je décidai de rentrer. Nous descendions, abandonnant notre rêve fou, nous glissions sur le sol amolli, cloaque sens dessus dessous, flaques visqueuses, arbres déracinés. Le sentier disparaissait sous les branches entassées, on s’accrochait à la pente, à quatre pattes parfois, contournant les amas de pierres aiguisées. Blessés, couverts de sang et de boue, nous avions faim et soif, mais soulagés de reconnaître les paysages familiers, la forêt ajourée du soleil renaissant, les tapis moussus gorgés d’eau, le ramage des passereaux heureux de lisser leurs plumes engluées. 
Nous parvenions à débusquer un regain d’énergie au fond de notre corps meurtri, la proximité du bercail dessinait des ailes à notre âme. Edmond esquissait un sourire entre deux quintes de toux. 
Le sac alourdi par le déluge et le remords cisaillait la peau de mes épaules. Seule responsable de cette folie, je priais qu’on ne punisse pas mon frère, j’endosserai les corvées en silence, je frotterai le sol, laverai le linge à m’en briser les reins, jour et nuit. En pénitence comme l’ascète en plein jeûne, je me priverai de l’essentiel pourvu que nos parents me pardonnent. Je les implorerai à genoux.

J’aperçus bientôt notre père en train d’affûter la faux. Il en tenait fermement la lame de ses deux mains serrées, regard fixe et teint cireux, une statue de sel agrippée à l’outil pour l’éternité.
Je me souvins alors du chapitre sur la cruauté de la foudre.

Age Genre Ville Pays
61 ans Femme France
Célébrité préférée Musique préférée Film préféré Plat préféré
Bruce Willis balavoine...sardou Dirty Dancing tomate farci
Couleur préférée Le job de mes rêves Emission préférée Loisir préféré
violet vétérinaire télé réalité reportage etc travaux manuels..lecture


© FEERIK GAMES 2015 - Nous contacter - CGU - Charte des forums - Mentions légales - Mon compte - Règles - Comment jouer - 23/08/2019 11:15:57